Description
Lâexposition en brefPensĂ©e comme une exposition « modes dâemploi », cette prĂ©sentation rĂ©unit prĂšs de 300 piĂšces et invite Ă dĂ©couvrir ou mieux connaĂźtre une Ćuvre polymorphe. Manuscrits, photographies, peintures, dessins et objets conservĂ©s Ă la BibliothĂšque nationale de France, sur son site de lâArsenal (Paris IVe), interrogent ainsi le « mythe Perec », tout en dĂ©voilant, en miroir de ses Ă©crits, lâhomme derriĂšre lâĆuvre.Une vie mode dâemploiGeorges Perec a commencĂ© dramatiquement sa vie : son pĂšre meurt en 1940 lors des premiers combats de la Seconde Guerre mondiale, sa mĂšre est dĂ©portĂ©e et assassinĂ©e Ă Auschwitz en 1943 et lui-mĂȘme passe lâOccupation comme « enfant caché » dans le Vercors. AprĂšs des dĂ©buts difficiles, le succĂšs littĂ©raire arrive en 1965 avec Les Choses, sâestompe un peu puis ressurgit en 1978 grĂące au succĂšs de La Vie mode dâemploi. AprĂšs le dĂ©cĂšs brutal de Perec Ă 46 ans, son Ćuvre nâa cessĂ© de gagner en importance et reconnaissance jusquâĂ son entrĂ©e dans la prestigieuse BibliothĂšque de la PlĂ©iade en 2017.Des voyelles et une absente, parcours dans lâĆuvre et la vie de PerecLudique et interactif, le parcours de lâexposition se dĂ©ploie en six espaces pensĂ©s comme les voyelles de lâalphabet. Ă travers ces Ă©tapes, il donne Ă voir une Ćuvre dont la dĂ©couverte rĂ©vĂšle aussi lâhomme qui se cache derriĂšre les textes.Notes, manuscrits, tapuscrits et publications dialoguent avec photographies, dessins, peintures et objets (un vĂ©lo, une machine Ă Ă©crire) pour tisser avec le visiteur une relation oĂč la notion de jeu, si prĂ©sente chez Perec et ses amis oulipiens, occupe une place centrale.Espace A : le premier espace prĂ©sente la grande diversitĂ© dâune Ćuvre protĂ©iforme, particuliĂšrement perceptible dans les tentatives de jeunesse et les premiĂšres publications, comme Les Choses (prix Renaudot 1965), et Un homme qui dort, que lâĂ©crivain adapta au cinĂ©ma en 1974.Espace [E] : rĂ©fĂ©rence Ă lâune de ses Ćuvres les plus cĂ©lĂšbres, La Disparition, dans laquelle la lettre E nâapparaĂźt jamais, cet espace mystĂšre Ă©voque lâabsence et compose, en creux, le portrait de celui que lâexposition convoque.Espace I : cet espace montre lâusage libĂ©ratoire de la contrainte dans la construction et lâĂ©criture de romans (La Disparition) comme de poĂšmes (Alphabets), nourri par son compagnonnage avec lâOulipo (Ouvroir de littĂ©rature potentielle), groupe de recherche littĂ©raire fondĂ© en 1960 par Raymond Queneau et François Le Lionnais.Espace O : cette partie sâattache Ă lâattention portĂ©e aux choses communes et ordinaires, qui composent le dĂ©cor quotidien et dĂ©finissent une gĂ©nĂ©ration comme un individu. Y sont Ă©voquĂ©s Je me souviens et EspĂšces dâespaces, aujourdâhui prolongĂ©s par de nombreux crĂ©ateurs et qui invitent aussi leurs lecteurs Ă poursuivre le geste.Espace U : lorsque sa volontĂ© de totalitĂ© sâappuie sur les contraintes pour rĂ©habiliter rĂ©alisme et ambition Ă©pique, Perec construit La Vie mode dâemploi (prix MĂ©dicis 1978), son chef-dâĆuvre, dont les Ă©tapes de crĂ©ation sont prĂ©sentĂ©es Ă partir des manuscrits prĂ©paratoires.Espace Y : la derniĂšre section de lâexposition tĂ©moigne de la foi en la littĂ©rature comme remĂšde, recherche salvatrice et affirmation vitale, par-delĂ les traumatismes dâune enfance volĂ©e (W ou le souvenir dâenfance) ou lâinterrogation sur lâexil (RĂ©cits dâEllis Island).Une source dâinspiration pour les crĂ©ateurs de tous horizonsLes nombreuses rĂ©sonances de lâĆuvre de Perec chez les artistes contemporains sont Ă©voquĂ©es par la prĂ©sentation de plusieurs oeuvres plastiques ou graphiques de Christian Boltanski, Sophie Calle, Sam Szafran, On Kawara ou Roman Opalka ; des maquettes de Clarence Stiernet, des broderies du groupe Perecofil, dessins de Brecht Evens ou Ătienne LĂ©croart⊠Lâexposition propose Ă©galement de dĂ©couvrir le talent mĂ©connu, sinon inĂ©dit, de Georges Perec comme dessinateur et peintre. Enfin, une sĂ©lection dâextraits de films rappelle sa participation Ă plusieurs rĂ©alisations cinĂ©matographiques.Le vrai du faux Ă la bibliothĂšque de lâArsenalEn parallĂšle, une annexe de lâexposition consacrĂ©e Ă Perec, Le vrai du faux, est prĂ©sentĂ©e gratuitement Ă la bibliothĂšque de lâArsenal, site de la BnF oĂč sont conservĂ©es les archives de lâĂ©crivain depuis 1984. Cette proposition invite Ă interroger avec impertinence la figure du faussaire, souvent motrice dans lâĆuvre perecquienne, ainsi que ses jeux de trompe-lâĆil.